Hier a été adopté, pour une seconde lecture par le parlement européen, le texte législatif sur la brevetabilité des logiciels (ou plutôt : inventions mises en œuvre par ordinateur. voir document officiel). Il reste encore une possibilité de rejet du texte ou de sa rectification par le parlement, mais elle est assez mince. Le lobbying des grands groupes, surtout américains, du secteur a donc porté ses fruits et Bill a bien fait de sillonner l’Europe et de menacer gentiment quelques gouvernements ces derniers mois. Sur le fond, ce n’est vraiment pas une grande avancée pour l’Europe, et la porte ouverte à une encore plus grande hégémonie américaine. Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès de dégoût. Cela ne sonne quand même pas la fin d’une quelconque liberté de créer et d'inventer, au contraire. L'informatique a été créé par et pour les professionnels. Ceux qui investissent des sommes considérables dans la R&D et qui veulent ainsi protéger leur travail. En tant que professionnel de ce secteur, j’estime que la protection des idées et des travaux réalisés et une nécessité. Surtout si l’entreprise dans laquelle ils sont faits est de petite taille face aux géants du secteur. Cela permet au moins d’accéder à un certain respect de leur part. Reste que rien ne pourra vraiment arrêter les initiatives open sources et l’élan humaniste qui secoue fortement le monde informatique depuis ces 10 dernières années. Simplement, il faudra que ces groupes de travail puissent innover suffisamment pour devancer les entreprises commerciales plutôt que de trouver la facilité en reproduisant ce qui existe déjà.