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Le numéro de septembre du magazine Management propose un dossier titré « Se mettre à son compte ». On y trouve des profils d’entrepreneurs qui se sont lancés dans l’aventure. Comment ils ont profités de leurs expériences passées, comment ils ont réussi à concilier vie de famille et entreprise, etc. En profil de choc et qui fait aussi la une de magazine on trouve celui de Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de Priceminister, une des plus belles réussites française du eCommerce. Bref du bon. En se laissant accrocher le titre, on part confiant en se disant que dans notre pays ces choses là sont possibles, en se laissant aller on peut même se trouver gonfler à bloc et se dire que l’on pourrait soi-même tenter l’aventure si on le voulait. Et bien non, les choses ne sont pas faciles, bien au contraire. Pourquoi ? Et bien sans grands moyens, sans relations, mieux vaut avoir beaucoup, vraiment beaucoup de courage et de chance. Je lis Management depuis déjà un bon moment et les profils d’entrepreneurs que l’on y trouve sont toujours les mêmes. Souvent moins de 35 ans, sinon la réussite ne serait pas aussi flagrante, presque toujours sortis d’HEC assorti d’un MBA, passé aux US ou au Royaume-Uni avec une ou plusieurs expériences réussies dans des grands groupes internationaux, voir mieux, dans des banques. Et cerise sur le gâteau, peut-être même dans la famille des gens bien placés, voir illustres. Prenons Pierre Kosciusko-Morizet, le modèle pris dans le dossier de ce mois-ci. 29 ans, fils du maire de Sèvre (92), frère d’une députée de l’Essonne (92), petit fils d’un ancien résistant qui a été ambassadeur français aux Etats-Unis et à l’ONU, et bien sûr diplômé d’HEC. Fondateur de Priceminister à 25 ans après avoir été un jeune manageur aux US d’une équipe de 60 personnes dans une banque en ligne américaine. Parcours banal avec antécédent familiaux puisque papa est aussi un ami de Jean-René Fourtou, le boss de Vivendi. Vous voulez vous-même devenir un Pierre Kosciusko-Morizet, à la réussite si éclatante et servir de modèles à tous les autres entrepreneurs ? Vous avez une belle famille ? Des amis fortunés ? Non ? Et bien ça va être dur, très dur. On parle souvent du rêve américain, comment les gars de là -bas croient que chacun peut réussir en grand et devenir un Warren Buffet, un Steve Job ou un Georges Lucas. Fonder des boites comme Microsoft, Google ou eBay. Partir de pas grand-chose et aller très loin. Je pense que cela peut aussi arriver en France, que des petits gars malins avec peu de moyens mais beaucoup d’envie et de travail peuvent arriver à ces niveaux là . Mais arrêtons d’agiter les exemples de ceux qui ont eu dès le départ les bonnes cartes en main. Sans leur enlever tout le travail qu’ils fournissent, ils ne sont pas de bons modèles. Ceux là existent bien, il faut simplement que les journalistes qui traitent ce genre de sujets aillent plus loin les chercher, en province, dans les quartiers populaires. On n’y trouvera peut être pas des entreprises aux chiffres d’affaires se comptant en centaines de millions d’euros mais des choses plus réalistes permettant à chacun de se dire que si ils y sont arrivés d’autres le peuvent aussi.






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