On nous a eus ! On nous avait promis une rupture, nous n’avons eu rien d’autre qu’une continuation. Si rupture il y a, elle se situe dans la façon dont on nous prend pour des couillons. Notre président nous ballade, noie son action dans une communication tout azimuth, lançant quotidiennement des sujets de controverses qui sont rarement des enjeux de notre société actuelle, au moins jusqu’à maintenant. Il parait que nous avions oublié ce qu’a été la deuxième guerre mondiale. Pour y palier il nous faudra au moins mettre des détails sordides et inhumains, bien que liés au devoir obligatoire de mémoire, dans la tête de nos jeunes enfants de façon à leur confirmer si jeunes que l’on ne peut avoir qu’une confiance toute relative dans le genre humain. Ou mieux, faisons réciter le Notre Père tous les matins en début de classe et conduisons les athées au buché. Et j’ai bien peur que nous en aillons pour encore plus de quatre ans d’idioties dans le genre.

Et après ? En tant que Sarkoziste trompé, je m’inquiète déjà de ce quotidien que je n’ai pas voulu. La France a besoin de changement mais ce coup là cela me semble loupé. Et demain, dans quatre ans, à la prochaine échéance présidentielle ? Aurons nous du sang neuf ? J’en doute. Nous avons aujourd’hui que des Sarkozistes à demi-convaincus, des Chiraquiens sans motivation, des Mitterrandiens et de Jospinistes demandant encore pardon, des Ségolènistes cherchant la bonne boussole pour trouver leur voie, des Bayrouistes esseulés et écœurés et des extrémistes antidémocrates. Qui plus est que des têtes connues dont les actions passées n’ont jamais rien données de très bon. Pas de sang neuf en vu, rien de nouveau, pas de nouvelle pensé, de nouvelles idées, d’une vision d’avenir pour la France. Parce que tout simplement nous le méritons et nous en avons besoin. Que faire si ce n’est attendre cet élu qui viendra nous sauver. Battons la campagne, remuons ciel et terre pour trouver cette perle rare, ce messie.

Mais au final, la France a-t-elle besoin d’une quelconque rupture pour avancer dans le bon sens et garder une bonne place dans l’échiquier international ? J’en doute. Simplement il faut que nous soyons bien dans nos baskets et que l’action présidentielle et gouvernementale soit bien menée, sans fioritures, sans paillettes, sans électoralisme, sans populisme et sans communautarisme. Bref, faire le job en pensant à tous plutôt qu’à soit même ou à quelques-uns.