Beaucoup d’entre-nous ont suivi avec compassion l’affaire
Fuzz qui opposait Eric Dupin, son éditeur, à un acteur français. Le jugement, rendu jeudi dernier,
a condamné Eric à verser à la partie adverse 1000 € de dommages et intérêts et 1500 € de frais de justice. Les internautes était déjà chauds bouillants au début de l’affaire, ils ont fait explosé l’intensité de leur mécontentement depuis. Comme beaucoup j’ai d’abords été choqué par ce qu’il est arrivé à Eric, j’ai même participé temporairement à une Google bombing sur le sujet. Ayant pris peur qu’il puisse m’arriver des soucis équivalents avec
Xoolyx.fr, qui agrège automatiquement des centaines de sources d’information susceptibles de contenir des informations juridiquement litigieuses, j’ai été contraint de décider de fermer le service plus ou moins temporairement. Depuis j’ai un peu plus réfléchi sur le fond de cette affaire. Eric, par ailleurs bloggeur « influent », par son blog
presse-citron, édite un site web permettant aux internautes qui y sont inscrit de poster des liens vers des articles et billets sur divers sujets d’actualité. Si les contenus qui y sont publiés sont répréhensibles, ceux-ci se retrouvent directement sous la responsabilité de l’éditeur du site. C’est simple et sans bavures. Il en va de même pour tout support, qu’ils soient analogiques, le papier, ou numériques. Cela concerne bien sûr aussi les blogueurs qui doivent faire attention à ce qu’ils écrivent. La blogosphère peut bien sûr être choquée, mais c’est surtout du à la méconnaissance de ses responsabilités. Fuzz est un service qui tourne tout seul, sans nécessiter trop de maintenance, mais pour autant gérer un service comme celui-là n’excuse pas le fait de faire bien attention à l’information qu’il met en valeur. Depuis quelques années on rabâche le fait que lancer un service internet est maintenant bon marché, que la technologie nécessaire est accessible à tous et que les frais d’hébergements sont enfin acceptables. J’ai d’ailleurs moi-même profité de cela pour lancer quelques services web ces dernières années. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Un service web correspond aussi à de la logistique et surtout divers frais annexes tels que financiers et surtout juridiques. La simplicité de mis en œuvre du service ne doit pas faire oublier les droits et les devoirs de chacun. Avec l’explosion des blogs chacun s’est senti pouvoir devenir apprenti journaliste ou chroniqueur, en ne sachant pas que tout ce qui concerne le respect de la vie privée d’autrui, et d’une façon générale le respect de la loi, sont des choses qui sont enseignées à ceux qui se destinent à ces professions. Ce qui est arrivé à Eric a au moins permis à chacun de prendre conscience de cela. De mon avis Eric s’en sort plutôt bien. Les quelques milliers d’euros qu’il aura à débourser pour clore l’affaire restent raisonnables même si cela est toujours beaucoup trop par rapport au réel préjudice supporté par le plaignant. Maintenant les choses sont plus claires pour chacun, dommage quand même qu’il a fallu que cela tombe sur l’un d’entre-nous pour que nous puissions tous en prendre conscience.